On retrouve des preuves archéologiques de l’usage de l’acupuncture il y a deux mille ans, et tout laisse à croire que cette technique médicale aurait été utilisée beaucoup plus tôt. On sait que dans l’antiquité, il y a plus de 10 000 ans, les ancêtres des Chinois savaient utiliser des couteaux et grattoirs en pierre pour des fins médicales.
Sous la dynastie SHANG (16e-11e siècle av J.C.) apparaissent les aiguilles en bronze, mais les aiguilles en pierre semblent encore les plus utilisées. Les développements technologiques permettent aussi l’apparition des aiguilles en os, en bambous et en poterie. À cette époque, se révèlent également les bases de la Médecine Chinoise : les théories du Yin et Yang, des cinq mouvements, du Sang et du Qi, de l’adaptation du corps humain à son environnement et aux conditions climatiques.
À l’époque des Royaumes Combattants (475 à 221 avant notre ère), jusqu’à la dynastie Qin (221 à 206 avant notre ère) et pendant la dynastie des Han de l’Ouest, le développement de la métallurgie permet l’apparition des aiguilles à usage médical en bronze, en fer, en or et en argent. Celles-ci remplaceront peu à peu les aiguilles et poinçons en pierre.
Dans le Ling Shu (chapitre du SuWen dédié à l’acupuncture compilé 100 ans avant notre ère) on décrit 9 sortes d’aiguilles en métal ainsi que leur usage.
À cette époque, 295 des 670 points d’acupuncture acceptés aujourd’hui étaient connus, et le système des Méridiens défini.
Les théories de la Médecine Chinoise continuent d’évoluer. En 282, Huang Fumi complète le Zhen Jiu Jia Yi Jing (Le Classique Systématique d’Acupuncture et de Moxibustion). Ce texte est défini 649 des 670 points d’acupuncture connus, avec leur localisation spécifique et la méthode de leur poncture. Il est premier texte décrivant l’acupuncture comme moyen de prévention, offrant un cadre permettant de traiter les maladies avant qu’elles ne se manifestent.
Autour de 650, l’acupuncture commence à se répandre aux pays voisins (Corée, Japon, Vietnam). Au 17e siècle de nombreux ouvrages furent écrits (Le Zhen Jiu Da Cheng de Yang Jizhou et le Ben Cao Gang Mu de Li Shi Zhen). Ces ouvrages se distinguent non pas par des théories individuelles ou personnelles, mais plutôt par l’exposition d’un consensus dans la communauté médicale. C’est également l’époque où les expéditions commerciales (Hollande, Angleterre, France) rapportent les pratiques médicales chinoises en Europe.
Au début du 20e siècle, l’acupuncture connu un grand déclin. L’arrivée de la biomédecine a joué un rôle majeur, mais l’état dans lequel la Chine avait été laissée par la famine de 1878-79 et l’augmentation exponentielle du commerce de l’opium par les Européens avait créé une atmosphère de déclin et perte d’auto-détermination. En même temps, en Europe, naissait une curiosité grandissante pour l’acupuncture.
Dans les années 1920, un mouvement social voulant sauver la médecine chinoise. Dans les années 1950, on a établi des écoles de médecine traditionnelle avec un curriculum fixe enseignant les bases de la biomédecine, la pharmacopée traditionnelle et l’acupuncture.
L’acupuncture est présente au Québec depuis les années 60. De 1974 à 1995, la Corporation Professionnelle des Médecins du Québec a régulé la pratique de l’acupuncture, jusqu’à la création de l’Ordre des Acupuncteurs du Québec.
